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2016-12-22T23:07:14+01:00

Le livre de l'intranquilité

Publié par cassie

Bonjour

Je viens vous parler de ma dernière lecture.

Il s'agit du "Livre de l'intranquilité" de Fernando Pessoa ou en portugais "O Livro do desassossego por Bernardo Soares". Il a été publié en 1982 à titre posthume.

Comme l'indique son nom portugais, ce livre est écrit par Bernardo Soares, un des nombreux hétéronymes de Pessoa.

Ce livre est un classique, sa réputation m'en a retardé la lecture. Je crains d'être déçu par ce que je vais en penser ou y trouver, alors que tant d'esprits l'ont élu comme livre incontournable.

Il s'agit d'un recueil de pensées et de poèmes écrits entre 1913 et 1935. Le roman était inachevé au décès de l'auteur en 1935.

Le livre n'est pas d'accès facile. L'auteur, un simple employé comptable travaillant et vivant à Lisbonne, nous décrit son désenchantement, une volonté de non exister et la suprématie de l'art sur la vie.

J'utiliserais le vocabulaire psy dévoyé, je dirais que ce livre m'a parlé. Souvent, il a été un coup de poing tant, même si l'auteur est au paroxysme de ses sensations dans son rapport au monde, il énonce avec des mots poétiques et des exemples concrets ce sentiment de distanciation que j'éprouve souvent et ce depuis longtemps. Je ne pense pas être la seule dans ce cas. Et ce livre a mis de si jolis mots sur ce décalage avec le comportement social, la sensation de voir de l'extérieur, la nécessité de plaquer une autre réalité, le recours aux rêves, qu'il faut le lire ne serait-ce que pour découvrir ce paysage mental, certes douloureux mais intense.

Ce livre nous donne l'impression de voir le monde social et ses jeux inutiles au travers d'une vitre glacée mais poétique. Poétique au point de réinventer l'amour et d'opposer à toutes les banalités, même amoureuses, des rêves sublimes qui viennent le remplacer, le transcender.

Il insiste sur son incapacité parfois à savoir si il rêve ou vit, et vice et versa. Sa réalité onirique est-elle plus belle, plus réelle ou est-elle simplement la réalité. L'évocation également de sa volonté de non exister, pas de mourir, ni de se suicider.

Je vous le conseille donc pour toutes ces raisons et j'attends vos retours.

Comme je ne pense pas revenir d'ici les grelots et les OH OH OH, je vous souhaite d'excellents fêtes de Noël et de fin d'année. Mais je repasserai peut-être

Le livre de l'intranquilité

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2016-12-21T22:57:33+01:00

Confidences sur pas mal de trucs plus ou moins confidentiels

Publié par cassie

Bonsoir

Je viens vous parler d'un spectacle vu très récemment, celui d'Arnaud Tsamère. Il s'intitule "Confidences sur pas mal de trucs plus ou moins confidentiels". Il a été écrit avec François Rolllin et Arnaud Joyet.

Je connaissais Arnaud Tsamère sans en être une spectatrice assidue lors de ses sketchs télévisuels.

Le comédien nous annonce dès le début que l'emprise du rire sur la société est trop forte et que le public en est las. Il décide donc de ne pas nous faire rire et pour y parvenir de parler de lui-même.

Le spectacle démarre lentement. Le préambule sur le rire, les sondages, m'ont fait un peu craindre la suite. Puis, petit à petit, le jeu avec le public s'installe et son humour nous entraîne.

D'ailleurs, la participation de la salle a sa part dans l'ambiance sur scène. Il joue avec le public et il doit, selon le retour, se lâcher plus ou moins, dans ce qu'il ose leur demander ou leur dire.

La patte de Rollin est bien là dans l'absurde, une spécialité d'Arnaud Tsamère. Lorsqu'il se déchaîne complètement sur ce terrain là, il emporte tout et réussi à nous faire passer une excellent soirée.

Point de satire politique, ni de passage de donneur de leçon, mais un comédien qui, si il continue sur le terrain de l'insensé et du non sens peut nous offrir de belles surprises

Confidences sur pas mal de trucs plus ou moins confidentiels

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2016-12-05T23:57:20+01:00

Edmond

Publié par cassie

Bonjour

 

Je viens rarement vous parler de théâtre. J'adore cela mais entre le budget, la garde de Tic et Tac, je n'y vais pas aussi souvent que je le souhaiterais.

Je suis allée voir "Edmond" d'Aexis Michalik, jouée au théâtre du Palais Royal. C'était le cadeau d'anniversaire d'une amie. Je la remercie encore pour cette attention.

La pièce débute à la première représentation de "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand, en décembre 1897 puis revient sur la genèse de la pièce. Rostand n'a pas écrit depuis deux ans. Il parvient à convaincre Constant Coquelin, célèbre acteur, de jouer sa prochaine pièce. Laquelle pièce n'existe pas, puisque Edmond n'a aucune idée du sujet, du dénouement.

Edmond va aider son ami Léo à séduire Jeanne, une costumière, laquelle sera sa muse pour écrire la future pièce. L'écriture se fera sous nos yeux, au gré des pérégrinations de son auteur.

Pendant que nous nous installions, les comédiens étaient déjà présents sur la scène, mimant un jeu de cartes, de la lecture.

Nous étions installées au balcon, dans une salle pleine, puis se sont installés derrière nous de jeunes lycéens dont la professeure était plus loin. Ont suivi les expressions typiques de cet âge, les "ouaich", "relou". Avec l'énervement d'un qui "n'avait pas payé 10 E pour être sur un trapontin".

Ils n'ont pas tenu jusqu'au bout et sont partis peu après le début de la représentation.

J'ai adoré la pièce. Elle est virevoltante, menée par douze acteurs dont certains aux rôles multiples.

Tout au long de la pièce, on voit défiler Méliès, Sarah Bernhardt, Feydeau, Courteline, Tchekhov. Ce sera mon bémol car j'ai trouvé parfois certaines apparitions un peu faciles.

Je dois avouer que je ne connaissais pas Guillaume Sentou, membre du duo comique Garnier et Sentou. Il joue le rôle d'Edmond Rostand. Comme tous les autres acteurs, il est juste, dynamique. Les décors de la pièce sont sans cesse changés retirés et ajoutés par les acteurs eux-mêmes à chaque changement de scène.

La pièce nous emporte à la fin du 19è siècle, nous fait assister aux débuts du cinéma, nous emporte dans un train.

Le décor manipulé et les acteurs aux rôles multiples nous entraînent à leur suite. La création de la pièce se déroule sous nos yeux, alimentée par le quotidien de son auteur, remaniée, augmentée. On la connaît déjà toutes et on se prend à dire avec les acteurs les célèbres répliques "Descriptif : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! » ou "Qu'à la fin de l'envoi, je touche!".

Le théâtre est magique et cette pièce nous le rappelle. Les acteurs semblent prendre autant de plaisir que nous. La pièce est un aussi un éloge de leur travail, leur énergie. Sans la foi et l'investissement des ces hommes et ces femmes au quotidien précaire, encore plus difficile il y a plus de cent ans lors de la création de Cyrano de Bergerac, le théâtre et le cinéma seraient bien plats.

Plaisir prolongé pour nous deux car, à la recherche d'un endroit pour souper, nous avons atterri dans le QG des acteurs de la pièce. Ils étaient pratiquement tous là installés au bar.

 

 

 

 

 

 

 

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2016-12-05T22:18:16+01:00

I, Donald Trump

Publié par cassie

Bonjour

Je reviens après une longue pause. Les idées étaient là, l'envie aussi mais  les occupations privées et professionnelles, et une dose de flemme, ne me laissaient pas la bulle temporelle nécessaire à rédiger tout ce qui m'a traversé l'esprit.

Je suis récemment allé voir "Moi,Daniel Blake" ou "I, Daniel Blake" en version originale. Un film passionnant, difficile et âpre comme sait si bien le faire Ken Loach. Le film est sorti depuis le 26 octobre 2016.

L'histoire nous narre l'entraide d'un homme, Daniel Blake et d'une jeune mère célibataire de deux jeunes enfants Katie Morgan. Lui, se remet d'un accident cardiaque et doit se remettre à chercher un emploi par l'administration tout en étant déclaré inapte par les médecins. Elle, a quitté Londres et de débat avec ses enfants sans revenus.

J'avais envie de vous parler de ce film magnifique et déprimant souvent, avec des étincelles, parfois.

Et puis, l'élection du nouveau maître de la Maison Blanche, s'est superposé à cela.

La Grande Bretagne et sa privatisation des entreprises autrefois étatiques et les Etats-Unis désormais aux mains d'un entrepreneur, sans aucune expérience politique, même la plus petite.

Ces deux faits se font écho, seulement Ken Loach est un réalisateur alors que Donald Trump a le pouvoir, surtout le pouvoir militaire.

Dans ce monde mondialisé, où nos yeux et nos oreilles se tournent légitimement vers les Etats-Unis de Trump, la Russie de Poutine, et un moyen-orient en proie à toutes les batailles, aux pires exactions, cette élection peut être source de crainte en espérant qu'elle ne soit pas la première d'une longue série sur notre vieux continent.

 

Une bonne soirée à vous tous

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